Madame, Monsieur,
Plusieurs personnes ont réagi sur la communication mise en œuvre en Province de Namur, à la suite de l’incendie dans les Hautes Fagnes, dont les fumées et les odeurs de brûlé ont été perceptibles à des degrés divers dans de nombreuses communes de la province. Si nous avons reçu plusieurs réactions positives, quelques-uns nous ont interrogés, notamment sur les moyens de communication utilisés. C’est tout à fait légitime et nous remercions chacun pour ses retours. Nous nous permettons donc une réponse commune.
L’incendie dans les Hautes Fagnes a brûlé de très nombreux hectares depuis vendredi et il n’était donc pas surprenant que les fumées soient transportées sur de longues distances par les vents dominants. Chacun peut d’ailleurs constater, lors d’événements beaucoup plus modestes comme les « Grands feux », à quel point des fumées peuvent être visibles ou perceptibles sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Le dimanche matin, la centrale d’urgence 112 de Namur et les services de secours nous ont rapporté un afflux important d’appels de citoyens souhaitant signaler une odeur de brûlé. Cette situation risquait de mobiliser inutilement les lignes du 112, qui doivent rester disponibles pour le traitement des véritables urgences. Ils ont donc sollicité une communication de notre part. Après concertation avec les pompiers et le 112 sur le message le plus pertinent à envoyer (pour éviter tout message contre-productif), nous avons décidé de communiquer via plusieurs canaux : communiqué de presse et réseaux sociaux, avec un relais, comme nous en avons l’habitude, par mail aux abonnés de Be-Alert. L’objectif était clair et précis : éviter l’engorgement du 112 et des services de secours par des appels signalant simplement une odeur de fumée.
Cette communication, largement relayée, a atteint l’objectif recherché puisque les services du 112 nous ont indiqué avoir constaté une diminution du nombre d’appels après la diffusion des informations.
Certains citoyens se sont interrogés sur l’absence d’envoi d’un SMS généralisé à l’ensemble de la population. Cette possibilité a effectivement été envisagée, mais au regard de la situation, qui ne constituait pas une menace immédiate nécessitant une alerte urgente de la population, nous avons estimé qu’un tel dispositif n’était ni proportionné ni nécessaire, notamment au vu du coût qu’il représentait (le Centre national de crise nous a confirmé qu’en l’absence de plan déclenché (phase de gestion de crise), le coût de cet envoi massif devrait être supporté par l’autorité requérante).
Par la suite, durant la matinée, plusieurs bourgmestres ont relayé les préoccupations de citoyens concernant un éventuel impact sur la qualité de l’air. Nous leur avons directement signalé que nous n’avions reçu aucune alerte des services compétents en santé publique ou en surveillance environnementale, ni information quant à la nécessité de prendre des mesures particulières de protection de la population ou d’envisager le déclenchement d’une phase de gestion de crise, ou même de relayer une communication.
À ce sujet, il convient de rappeler que si le gouverneur est responsable de la coordination de la gestion de crise lorsqu’une situation l’exige, il doit s’appuyer sur les inputs des organismes spécialisés et autorités compétentes en matière de santé et d’environnement pour agir si nécessaire.
Nous avons néanmoins sollicité ces acteurs, dès dimanche matin, pour voir s’il existait certaines recommandations spécifiques, dès lors que les indices de qualité de l’air accessibles publiquement sur les plateformes de surveillance environnementale montraient une qualité dégradée.
Les réponses obtenues confirmaient que les recommandations à appliquer étaient les mêmes que celles diffusées habituellement par la Région lors d’épisodes de dégradation de la qualité de l’air, notamment en période de fortes chaleurs ou de pics d’ozone. À aucun moment, nous n’avons eu d’information nous laissant penser que la situation permettait de justifier des mesures exceptionnelles telles qu’un confinement de certaines communes ou le port généralisé d’un masque, et donc la nécessité d’une coordination à mon niveau. Le SPW a donc pris en charge la communication des recommandations, que nous avons relayées aux bourgmestres et à la population.
Dans cette matière de gestion de crise, de santé publique et de qualité de l’air, aux compétences partagées entre plusieurs autorités et services, il est essentiel que chacun communique dans le cadre de ses compétences et de ses responsabilités, pour éviter les informations contradictoires, les approximations ou la confusion.
En résumé, la communication mise en œuvre visait avant tout à informer rapidement la population de l’origine des fumées et à préserver la capacité opérationnelle du 112. Les informations recueillies auprès des services compétents ne justifiaient pas de mesures d’alerte plus contraignantes.
Cette explication, que nous vous fournissons dans un souci de transparence, va évidemment de pair avec la prise en compte de vos retours et de vos perceptions, essentiels pour améliorer, avec nos partenaires, nos procédures, nos pratiques et notre communication.
Très cordialement
Denis Mathen, Gouverneur de la Province de Namur